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J'ai demandé à six IA de prédire la présidentielle, sans leur montrer un seul sondage

ChatGPT, Claude, Grok, Gemini, Mistral et DeepSeek lisent la même revue de presse et devinent le résultat de 2027. Verdict le 18 avril. Ce que j'ai appris en montant l'expérience.

1 novembre 2026 · 3 min de lecture · #IA #side project #présidentielle

NEUF

Mi-octobre, je me suis posé une question simple : est-ce qu'une IA lit une élection comme un institut de sondage ?

Pour y répondre, j'ai monté On vote pour qui ?, un site indépendant sur la présidentielle 2027, édité par Kiou Studio. Je l'ai construit en une journée avec Claude Code, et il grandit depuis presque tous les jours.

Le protocole

Toutes les deux semaines, six IA reçoivent exactement le même texte :

  • la liste des candidats ;
  • environ 90 titres de presse politique du mois écoulé ;
  • et aucun sondage : chaque article qui en mentionne un est retiré avant l'envoi.

Elles doivent estimer le score de chaque candidat au premier tour, puis désigner le duel du second tour. Leurs réponses sont publiées à côté de la moyenne des sondages, avec le nom exact de chaque modèle.

Une IA n'interroge aucun électeur. Ce n'est pas un sondage, c'est une lecture de l'actualité par une machine.

Ce que donne la première vague

Les six IA placent la même candidate en tête du premier tour, mais environ quatre points sous les sondages. Au second tour, elles ne sont plus d'accord : quatre voient cette candidate l'emporter, deux voient un autre candidat gagner.

Le plus intéressant n'est pas qui a raison. C'est de voir où une machine qui n'a lu que la presse s'écarte des instituts, et de suivre ces écarts semaine après semaine jusqu'au 18 avril.

Les coulisses, moins propres que prévu

Interroger six IA de la même façon, ça paraît simple. Ça ne l'est pas.

  • La température. C'est le réglage qui dose la part de hasard d'une réponse. Je voulais la même pour toutes, à 0,2. ChatGPT et Claude refusent qu'on la règle : ils répondent avec la leur, et le site le signale.
  • Gemini, le plus lent. Sa connexion était coupée au bout de 60 secondes, avant qu'il ait fini de réfléchir. Il a fallu passer par un traitement par lots : 45 minutes d'attente pour une réponse.
  • DeepSeek et Grok ont dû être interrogés en flux continu, sinon la réponse n'arrivait jamais.

Aujourd'hui, tout tourne seul sur mon serveur à la maison : les sondages sont relevés chaque lundi, une nouvelle vague d'IA part toutes les deux semaines.

Les règles que je me suis fixées

Un site sur une élection, ça ne pardonne rien. Alors j'ai posé quelques règles dès le départ :

  • les candidats sont classés de la gauche vers la droite, jamais par score ;
  • chaque information d'une fiche renvoie à sa source, et les déclarations vérifiées ne viennent que des rédactions de fact-checking ;
  • le site ne demande jamais pour qui tu votes, et ne stocke aucune réponse.

Cette dernière règle m'a coûté un module entier. J'avais construit un questionnaire « Vos priorités pour 2027 », anonyme. Je l'ai retiré le jour même : même anonyme, je ne voulais rien stocker. La boussole électorale, elle, fonctionne entièrement dans ton navigateur.

J'ai aussi renoncé à une rubrique plus drôle sur les « casseroles » des candidats. Trop de risques, et l'humour se lit toujours comme un parti pris.

Rendez-vous le 18 avril

Le soir du premier tour, on saura laquelle des six IA a le mieux lu l'actualité, et si elle a fait mieux ou moins bien que les sondages.

En attendant, la méthode complète est publique. Si tu vois une façon de rendre la comparaison plus juste, dis-le-moi.

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